Colibri de la paix : faire sa part en méditant

LES MÉDITANTS, CES COLIBRIS DE LA PAIX

Méditer serait le remède à la catastrophe annoncée. Lors du 3ème Forum international sur l’évolution de la conscience, qui s’est tenu à Paris en 2014, le neuropsychologue Allan Combs a conseillé la méditation pour faire émerger une conscience collective et altruiste afin d’éviter l’autodestruction. Et il n’est pas le seul à évoquer la fin de l’humanité. Grâce à Pierre Rabhi, on connaît l’histoire du colibri faisant sa part pour éteindre l’incendie de forêt. Il s’agirait en l’occurrence de produire le plus grand nombre possible de « colibris de la paix » à l’échelle de la planète, au moyen de la méditation. Un vivier potentiel existe partout : l’école. Les dirigeants de ce monde sont-ils conscients de l’enjeu et prêts à intégrer la méditation dans l’éducation de leur jeunesse ? Chaque « homme-colibri » méditerait pour son bien et celui de l’humanité, faisant ainsi coup double. Le souci de soi et d’autrui réconciliés en quelque sorte. Une responsabilité collective. Par Stan Cham

Un colibri en chaque enfant : si tous les écoliers méditaient

Pour le « colibri de la paix » Allan Combs, c’est méditation ou autodestruction pour l’humanité

Selon Allan Combs, un colibri de longue date, méditer « accélère la croissance psychologique. La plupart des formes de méditation impliquent le silence, car il stimule l’esprit. Il permet de faire émerger des processus inconscients créateurs. La méditation permet ainsi de poser un regard neuf sur le monde ». Chaque enfant étant de la « graine de colibri », il faudrait donc idéalement qu’on médite à l’école, passage obligé pour tous, au moins dans nos pays. De son côté, un autre colibri de la paix, l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, pense que « l’homme est une étape dans l’évolution de l’univers. Mais il n’est pas certain qu’il évolue vers plus de conscience. Il fait du mal à la Terre. Si nous nous autodétruisons, c’est catastrophique. Aller plus loin dans la conscience dépend de nous. L’homme doit s’éveiller à une nouvelle conscience du monde ». Si donc tous les écoliers du monde méditaient, donnant autant d’hommes-colibris, cette nouvelle conscience deviendrait planétaire ! Elle serait collective. Il n’est pas interdit de rêver…

Il ne s’agit donc pas, pour faire des « enfants-colibris », de méditer seulement des textes, fussent-ils sur la paix, mais de les faire méditer tout court en prenant des temps de concentration sur une sensation particulière comme la respiration par exemple. C’est le principe de la méditation dite de pleine conscience, tirée du bouddhisme (gros producteur de méditants-colibris), qui se répand aussi bien à l’école qu’à l’hôpital ou dans les entreprises. La pratique universelle de ce type de méditation serait la clé de la paix vu son effet pacificateur, le plus connu du grand public. Le Dalaï Lama, un « sacré » colibri de la paix, dit à ce propos que si chaque enfant dans le monde apprenait à méditer, la violence disparaîtrait en une seule génération ! Qu’attendent donc les dirigeants de la planète pour prendre au mot le Prix Nobel de la paix en se disant : « Chiche qu’on introduit la méditation dans nos écoles » ? Et en le faisant, naturellement. C’est vraiment « Après moi le déluge », ce mot prêté à Louis XV, qui signifie qu’on ne se soucie pas des générations futures (Le petit Larousse).

Des colibris de la paix partout : « l’effet méditation »

Enfants en méditation
Des colibris de la paix en train de méditer

Bien sûr, il ne faut pas être naïf : le monde compte plus d’enfants soldats que d’enfants bouddhas, et nos sociétés continuent d’inculquer insidieusement à leur jeunesse un esprit de compétition plutôt que de coopération, tant beaucoup d’adultes y transmettent leur peur de l’échec à leur progéniture. C’est qu’il faudrait un ego fort pour « réussir dans la vie », fut-ce au détriment des autres ! Un colibri de la paix ne mange pas de ce pain-là. Renversons la vapeur en tirant tout le parti de la méditation dès le plus jeune âge. Si on leur apprend à méditer, les femmes enceintes transmettent logiquement à leur(s) enfant(s) les bénéfices de leur méditation : un merveilleux « coup double » (parfois plus…) et autant de « parts du colibri » dans la construction de la paix, alors que l’égoïsme gagne chaque jour du terrain jusqu’aux plus hautes sphères – l’élection d’un Donald Trump en est la triste illustration. Aussi court-on le risque d’une dénaturation de la méditation par l’ego, qui en ferait un simple remède anti-stress à son service.

Il faut donc tirer profit de l’engouement actuel pour la méditation en rappelant toujours que son but initial est de raboter l’ego, pas de le satisfaire. On sait en outre que méditer régulièrement favorise la concentration, donc l’apprentissage aussi bien que la réalisation de n’importe quelle tâche. Il y a donc tout à gagner à intégrer la méditation dans l’éducation et dans le monde du travail. Multiplions les colibris de la paix ! De nombreux milieux scolaires et professionnels de par le monde ont déjà introduit des temps de méditation dans leur quotidien, au bénéfice de tous. Un profit que le maître zen japonais Kido Inoue, modèle de colibri de la paix (lire ci-dessous), aimerait porter à la connaissance du plus grand nombre après avoir comparé deux groupes d’étudiants d’un même cursus dans une université américaine prestigieuse (pour que ce test ait un retentissement mondial), l’un des groupes pratiquant la méditation du zen et l’autre, non. Car Kido Inoue prédit lui aussi l’autodestruction si on n’introduit pas la méditation dans tous les systèmes éducatifs du monde. « Encore deux générations et c’en sera fini de l’humanité », annonce sombrement Maître Kido Inoue.

7 milliards de colibris : qu’attend l’ONU ?

Y a-t-il des colibris de la paix à l’ONU ?

La méditation silencieuse est donc une ressource clé pour l’humanité si elle ne veut pas s’autodétruire. Y a-t-il des colibris de la paix à l’ONU qui planchent sur un enseignement de méditation laïque pour les états membres de cette institution ? N’oublions pas que l’Organisation des Nations Unies a pour objectif à terme la réalisation de la paix mondiale. Ne tiendrait-elle pas enfin, avec la méditation, le moyen de son ambition ? Même s’il semble utopique d’imaginer que tous les êtres humains (7 milliards de colibris potentiels !) se mettent à méditer un jour, l’ONU pourrait commencer par accorder à la méditation la reconnaissance d’intérêt général qu’elle mérite, sur la base des nombreuses études scientifiques existant aujourd’hui sur le sujet. Ce serait un pas décisif pour l’avenir de l’humanité face à la catastrophe annoncée.

Pour l’anecdote, lorsqu’on se promène dans la cour du temple attenant à Shôrinkutsu-Dôjô, le centre de méditation de Kido Inoue au Japon (une « fabrique » de méditants-colibris), on remarque cette inscription gravée en plusieurs langues sur des piliers: Puisse la Paix régner un jour sur Terre ! Une anecdote qui en rappelle une autre, historique celle-là : à la suite d’une conquête meurtrière qui le fit méditer (en pensée pour le coup) sur toute cette violence, le prince indien Ashoka (3ème siècle avant J.-C.) se mua en souverain colibri de la paix, adoptant les principes non violents du bouddhisme et faisant graver partout des formules pacifiques sur des rochers et des colonnes, à méditer par les passants… À l’ONU maintenant d’encourager ses états membres à reprendre partout le flambeau si on ne veut pas s’acheminer lentement mais sûrement vers l’autodestruction.

Le colibri de la paix fruit de la méditation : l’exemple du Bouddha

Kido Inoue, maître de méditation
Maître Kido Inoue, un éternel colibri de la paix

Prenons l’exemple de la méditation en usage dans le zen, héritage direct d’un célèbre colibri de la paix nommé Bouddha, avec pour guide Maître Kido Inoue (photo). Pourquoi choisir ce maître en particulier pour apprendre à méditer ? Parce qu’on dit dans des cercles bouddhistes de Kyoto (« La ville qui sent le bouddhisme », disait l’écrivain D.-T. Suzuki) que c’est l’un des derniers maîtres authentiques du Japon, ce qui signifie qu’il y en a beaucoup de faux, qui s’égarent eux-mêmes et égarent les autres, maintenant aussi en Occident. Prudence, donc ! Et puis aussi parce que Maître Kido Inoue entretient passionnément un rêve: que la méditation fasse un jour partie intégrante de la formation des éducateurs, pour en faire eux aussi des colibris de la paix.

Découvrez ce que voulait dire « méditer » pour le Bouddha, non seulement en zazen (assis) mais aussi en mouvement dans l’activité quotidienne. Un chercheur japonais disciple de Kido Inoue raconte ici son initiation à cette méthode de méditation bouddhique, avec ses commentaires d’homme de science conscient lui aussi de la catastrophe annoncée, et devenu lui-même un colibri de la paix. Il va faire la plus grande expérience de sa vie, celle-là même qui pourrait sauver l’humanité si beaucoup d’autres la reproduisaient un peu partout sur la planète. Atsunobu Tomomatsu – c’est son nom – voulait donc remettre à l’honneur cette forme de méditation, grande pourvoyeuse de colibris de la paix au fil des siècles, en témoignant à l’intention d’autres hommes soucieux comme lui d’inverser le cours des choses.

Vous pouvez aussi lire le témoignage de votre serviteur, devenu depuis un roman autobiographique (voir dans la colonne latérale du site). Vous y découvrirez, pratiquée par un Occidental, la méthode concrète pour se transformer en colibri de la paix. « Méditation zen » signifiera désormais pour vous « absorption dans tout ce que l’on fait », et vous saurez que cet état méditatif constamment entretenu (c’est la pratique) peut faire de vous un être « éveillé », autrement dit un bouddha. Ce qui veut dire la délivrance de la souffrance mentale, la paix intérieure définitive. Méditer comme le Bouddha pourrait ainsi mener les hommes à la paix et résoudre tous leurs problèmes « par l’éclaircissement de leur cœur profond qui fonctionne à l’infini », comme dit Maître Kido Inoue. Cela ne vaut-il pas la peine d’essayer face à la catastrophe annoncée ? Assumer le rôle de colibri de la paix pour la survie de l’humanité, en méditant chacun pour tous.

Voici donc la pratique du zen en détail. Bonne lecture ! S.C.

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