MÉDITER, POURQUOI ON DOIT TOUS S’Y METTRE

La ville d’Hiroshima ravagée par la bombe atomique (photo U.S. Air Force, mars 1946) – Quelle aurait été l’étendue des dégâts avec la bombe A actuelle ?

C’EST MÉDITATION OU AUTODESTRUCTION SELON DES EXPERTS

Lors d’un forum international sur l’évolution de la conscience, le neuropsychologue Allan Combs avait conseillé la méditation pour faire émerger en chacun une conscience altruiste afin d’éviter la catastrophe annoncée : notre autodestruction. Et il n’est pas le seul scientifique à prôner la méditation à grande échelle pour inverser le cours des choses : de nombreuses expériences faites en laboratoire sur des méditants aguerris ont montré les bienfaits de la méditation sur le mental. Une responsabilité collective, mais faudra-t-il un ordre de mobilisation générale, comme en temps de guerre, pour que s’opère cette révolution mentale ?

MÉDITER SERAIT LE REMÈDE À LA CATASTROPHE ANNONCÉE

Allan Combs explique que méditer (dans le sens de se concentrer sur une donnée sensorielle au moment présent, en excluant toute pensée) accélère la croissance psychologique : le silence stimule l’esprit d’où émergent alors des processus inconscients créateurs permettant de poser un regard neuf sur le monde. A l’instar du colibri faisant sa part pour le bien commun, il faudrait donc que chaque être humain médite, pour son bien et celui de l’humanité, faisant ainsi coup double. Ce qui rejoint le propos de notre site que résume le slogan Méditer, chacun pour tous.

Précisons que la méthode de méditation préconisée par Allan Combs et ses pairs est celle dite ‘de pleine conscience’, qui s’inspire du premier stade de méditation bouddhique visant la tranquillité de l’esprit. Elle a déjà fait ses preuves dans des écoles, des hôpitaux, des prisons et des entreprises, sur la base d’initiatives individuelles. La méditation dans le sens de méditer un texte n’est donc pas concernée car elle met en jeu un intellect déjà souvent surchauffé. Précisons encore qu’il ne s’agit pas là de pratiquer le bouddhisme, qui vise infiniment plus loin que la pacification de l’esprit, comme on le verra en découvrant le Zen authentique.

Il faut bien constater que l’esprit de nos contemporains est très tôt mis en ébullition dans nos sociétés, où les capacités intellectuelles sont survalorisées. Gare : l’utilisation effrénée de l’intellect peut nuire à la santé mentale, participant ainsi à notre autodestruction. C’est l’avertissement, sur ce site, d’un scientifique japonais, dans le récit de son initiation au Zen, cette voie bouddhique où la méditation est reine. Avec ses commentaires d’homme de science lui aussi conscient de la catastrophe annoncée, Atsunobu Tomomatsu – c’est son nom – va faire la plus grande expérience de sa vie, celle-là même qui pourrait sauver le monde si elle se multipliait par millions sur toute la planète. Bien sûr, il ne s’agit pas d’être naïf : l’humanité compte plus de soldats que de bouddhas, mais on peut rêver que la tendance s’inverse peu à peu.

MÉDITER TOUS POUR FAIRE NAÎTRE UNE NOUVELLE CONSCIENCE

Si de nombreux spécialistes du cerveau s’accordent sur les bienfaits de la méditation, alors il faut l’enseigner à l’école pour que naisse le plus tôt possible cette conscience altruiste qui pourrait inverser le cours des choses en contrecarrant la montée de l’égocentrisme et de son rejeton l’égoïsme, plaie du monde. L’enfant serait ainsi au coeur de la solution à l’éternel problème du genre humain. Le Dalaï-lama dit que si tous les enfants apprenaient à méditer, la violence disparaîtrait en une seule génération !

La pratique généralisée de la méditation n’est donc plus seulement une question de santé publique, mais désormais de survie : qu’attendent l’ONU et/ou l’OMS pour prendre au mot le Prix Nobel de la Paix en commençant par accorder à la méditation la reconnaissance d’intérêt général qu’elle mérite, sur la base des nombreuses études scientifiques existant sur le sujet, puis en la promouvant sur toute la planète ? Rappelons que l’objectif de l’ONU est la réalisation de la paix mondiale. Ne tiendrait-elle pas enfin, avec la méditation, le moyen de son ambition ? Même s’il semble utopique d’imaginer que tous les êtres humains se mettent à méditer, ce serait un pas décisif pour l’avenir de l’humanité face à la catastrophe annoncée.

Pour bien prendre la mesure de la situation actuelle, citons le célèbre astrophysicien Trinh Xuan Thuan, qui pense que « l’homme est une étape dans l’évolution de l’univers. Mais il n’est pas certain qu’il évolue vers plus de conscience. Il fait du mal à la Terre. Si nous nous autodétruisons, c’est catastrophique. Aller plus loin dans la conscience dépend de nous. L’homme doit s’éveiller à une nouvelle conscience du monde ». Il faut pour cela utiliser tous les moyens, et la méditation en est un, et non des moindres. Sinon, c’est vraiment « Après moi le déluge », ce mot prêté à Louis XV, nous disent les dictionnaires, qui signifie qu’on ne se soucie pas des générations futures.

On sait en outre que méditer régulièrement favorise la concentration, donc l’apprentissage aussi bien que la réalisation de n’importe quelle tâche. Un profit que le maître zen japonais Kido Inoue aimerait porter à la connaissance du plus grand nombre après avoir comparé deux groupes d’étudiants d’un même cursus dans une université américaine prestigieuse (pour que ce test ait un retentissement mondial), l’un des groupes pratiquant la méditation du Zen et l’autre, non. Kido Inoue a la certitude que le résultat serait édifiant.

Il y a donc tout à gagner à intégrer la méditation dans l’éducation pour en récolter les bénéfices tout au long de la vie, déjà dans le domaine de la santé. Imaginons par exemple que toutes les futures mamans méditent : elles en partageraient logiquement les bénéfices avec leur(s) enfant(s) à naître, et transmettraient tout naturellement la pratique méditative à leur progéniture le moment venu. Dans des sociétés qui inculquent insidieusement à leur jeunesse un esprit de compétition plutôt que de coopération, tant beaucoup d’adultes y infusent leur peur de l’échec, on peut prédire sans grand risque de se tromper que les mentalités évolueraient.

MÉDITER POUR « FAIRE DE L’HOMME UN AGNEAU POUR L’HOMME »

En attendant, ceux qui sont attirés par le Zen pourront commencer par lire le récit initiatique publié sur ce site, qui détaille la méthode de Maître Kido Inoue, héritée du Bouddha historique. Pourquoi choisir ce maître comme guide ? Parce qu’on dit dans des cercles bouddhistes de Kyoto (« La ville qui sent le bouddhisme », disait l’écrivain D.-T. Suzuki) que c’est l’un des derniers maîtres authentiques du Japon, ce qui signifie qu’il y en a beaucoup de faux, qui s’égarent eux-mêmes et égarent les autres, maintenant aussi en Occident. Et puis aussi pour soutenir le rêve qu’entretient passionnément Kido Inoue : que sa méthode fasse un jour partie intégrante de la formation des éducateurs, pour qu’ils forment à leur tour des apprentis méditants. Prudence, donc, dans le choix d’un ‘maître’ du Zen comme dans le choix d’un instructeur de méditation laïque.

Vous verrez que méditer comme le Bouddha pourrait mener les hommes à la paix et résoudre tous leurs problèmes « par l’éclaircissement de leur coeur profond qui fonctionne à l’infini », comme dit Kido Inoue. Mais qu’on ne se méprenne pas sur la difficulté de la tâche : il ne s’agit plus là de méditer un quart d’heure par jour, mais de méditer sans cesse, non seulement assis mais aussi en mouvement dans l’activité quotidienne. Dans le Zen, méditer signifie s’absorber dans le moindre geste, et cet état constamment entretenu (c’est la pratique) peut faire de vous un être ‘éveillé’, autrement dit un Bouddha. Ce qui veut dire la délivrance de la souffrance mentale, la paix intérieure définitive. On entre donc là dans une véritable voie de libération spirituelle, qui demande une implication totale et en premier lieu, évidemment, un attrait pour l’enseignement du Bouddha.

La méditation est donc une ressource clé pour l’humanité. Une demi-heure quotidienne changerait déjà la donne ! Son effet pacificateur, le plus connu du grand public, serait décisif pour « faire de l’homme un agneau pour l’homme ». Faisant ainsi sa part, chaque méditant pourrait être qualifié de ‘colibri de la paix’. Car en pacifiant l’être humain, la méditation rend service à l’humanité. Mais il faut faire vite : Kido Inoue ne nous donne plus que deux générations pour enrayer le processus de l’autodestruction, et les experts du Giec – Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – dix ans avant que le changement climatique destructeur de la biosphère soit irréversible. Ce parallèle ne doit rien au hasard : c’est l’état mental de l’homme – à la base de toutes ses actions – qui est la cause de tous les malheurs du monde.

Pour terminer, une anecdote : lorsqu’on se promène dans la cour du temple jouxtant Shôrinkutsu-Dôjô, le centre dirigé par Kido Inoue, on remarque cette inscription gravée en plusieurs langues sur des piliers : « Puisse la paix régner un jour sur Terre ! » Une anecdote qui en rappelle une autre, historique celle-là : à la suite d’une conquête meurtrière qui le fit méditer (en pensée pour le coup) sur toute cette violence, le prince indien Ashoka (3ème siècle avant J.-C.) se mua en souverain pacifique, adoptant les principes non-violents du bouddhisme et faisant graver partout des formules de paix sur des rochers et des colonnes… A l’ONU maintenant d’encourager ses états membres à reprendre partout le flambeau !

LE ZEN EN PRATIQUE