Ces ‘colibris de la paix’ que sont les méditants

L’ESPRIT COLIBRI EST DANS LA MÉDITATION

enfants colibris de la paix

Ces petits méditants sont des “colibris de la paix” – crédit photo : Pôle enfant

Le neuropsychologue Allan Combs, qui à l’instar de Pierre Rabhi prône le “colibrisme” (Chacun pour tous), explique qu’un méditant accélère sa croissance psychologique : le silence, en stimulant l’esprit, fait émerger des processus inconscients créateurs permettant de poser un regard neuf sur le monde. Chaque enfant étant de la “graine de colibri”, il faudrait donc en faire un méditant le plus tôt possible pour que naisse en lui cette conscience altruiste, par exemple à l’école, passage obligé pour notre colibri en herbe, au moins dans nos pays.

De son côté, l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan pense que « l’homme est une étape dans l’évolution de l’univers. Mais il n’est pas certain qu’il évolue vers plus de conscience. Il fait du mal à la Terre. Si nous nous autodétruisons, c’est catastrophique. Aller plus loin dans la conscience dépend de nous. L’homme doit s’éveiller à une nouvelle conscience du monde ». “L’esprit colibri” doit donc être inculqué avant que l’égocentrisme se développe outre-mesure.

Pour les enfants comme pour les adultes, l’exercice méditatif consiste souvent à se concentrer sur sa respiration en étant assis. Peut-être le colibri le fait-il en vol stationnaire… C’est le principe de la pleine conscience, tirée du bouddhisme, qui se répand aussi bien à l’école qu’à l’hôpital ou dans les entreprises, y semant, au vu des retours d’expérience, cet esprit colibri que nous souhaitons voir advenir à grande échelle. Sa pratique universelle serait la clé de la paix vu son effet pacificateur, le plus connu du grand public. Le Dalaï Lama dit que si chaque enfant dans le monde devenait un méditant, la violence disparaîtrait en une seule génération !

Qu’attendent donc les dirigeants de la planète pour prendre au mot l’apôtre tibétain du colibrisme (Prix Nobel de la paix) en introduisant, officiellement, des temps de méditation dans toutes les écoles ? Car ce sont jusque-là des initiatives individuelles qui ont lieu un peu partout. C’est vraiment “Après moi le déluge”, ce mot prêté à Louis XV nous dit Le petit Larousse, qui signifie qu’on ne se soucie pas des générations futures. Le contraire de l’esprit colibri.

Dans l’esprit colibri, le méditant fait sa part

Bien sûr, prôner la pratique méditative ne signifie pas être naïf : le monde compte plus d’enfants soldats que d’enfants bouddhas, nos sociétés inculquant insidieusement à leur jeunesse un esprit de compétition (anti-colibri) plutôt que de coopération (pro-colibri), tant beaucoup d’adultes y transmettent leur peur de l’échec à leur progéniture. C’est qu’il faudrait un ego fort pour “réussir dans la vie”, fut-ce au détriment des autres ! L’esprit colibri ne mange pas de ce pain-là.

Renversons la vapeur en tirant tout le parti de l’exercice méditatif, ce dès le plus jeune âge. Sait-on ainsi qu’une femme enceinte méditant transmet logiquement à son(ses) enfant(s) les bénéfices qu’elle en tire ? Un merveilleux “coup double” (parfois plus…) et autant de “part du colibri” dans la construction de la paix, alors que l’égoïsme gagne chaque jour du terrain jusqu’aux plus hautes sphères – l’élection d’un Donald Trump, anti-colibri patenté, en est l’illustration.

On sait en outre que méditer régulièrement favorise la concentration, donc l’apprentissage aussi bien que la réalisation de n’importe quelle tâche. Il y a donc tout à gagner à intégrer cet exercice dans l’éducation de nos apprentis colibris et dans le monde du travail. Les milieux scolaires et professionnels qui l’ont déjà fait s’en félicitent. Un profit que le moine zen japonais Kido Inoue, autre apôtre du colibrisme, aimerait porter à la connaissance du plus grand nombre après avoir comparé deux groupes d’étudiants d’un même cursus dans une université américaine prestigieuse (pour que ce test ait un retentissement mondial), l’un des groupes méditant à la manière du Zen et l’autre, non. Car Kido Inoue prédit lui aussi notre autodestruction si on n’éveille pas très tôt de cette façon l’esprit colibri. “Encore deux générations et c’en sera fini de l’humanité”, annonce-t-il sombrement.

Le méditant-colibri bientôt promu par l’ONU ?

Le méditant est donc un acteur clé pour l’humanité si elle ne veut pas s’autodétruire. N’y aurait-t-il donc, à l’ONU, aucun adepte ou sympathisant du colibrisme, qui plancherait sur la promotion de la pratique méditative auprès des états membres de la vénérable institution ? N’oublions pas que l’Organisation des Nations Unies a pour objectif à terme la réalisation de la paix mondiale. La propagation de l’esprit colibri devrait donc faire partie de ses priorités. Ne tiendrait-elle pas, avec l’absorption méditative, le moyen de son ambition ?

Même s’il semble utopique d’imaginer que tous les êtres humains (7 milliards de colibris de la paix potentiels !) s’y mettent un jour, l’ONU pourrait commencer par accorder à la méditation la reconnaissance d’intérêt général qu’elle mérite, sur la base des nombreuses études scientifiques existant aujourd’hui sur le sujet. Ce serait un pas décisif pour l’avenir de l’humanité face à la catastrophe annoncée.

Pour l’anecdote, lorsqu’on se promène dans la cour du temple attenant à Shôrinkutsu-Dôjô, la pépinière de colibris de la paix dirigée par Kido Inoue, on remarque cette inscription gravée en plusieurs langues sur des piliers : Puisse la Paix régner un jour sur Terre ! Une anecdote qui en rappelle une autre, historique celle-là : à la suite d’une conquête meurtrière qui le fit réfléchir à toute cette violence, le prince indien Ashoka (3ème siècle avant J.-C.) se mua en souverain colibri de la paix, adoptant les principes non violents du bouddhisme et faisant graver partout des formules pacifiques sur des rochers et des colonnes… À l’ONU maintenant d’encourager ses états membres à reprendre le flambeau pour initier partout l’esprit colibri, si on ne veut pas s’acheminer lentement mais sûrement vers l’autodestruction.

Un célèbre colibri de la paix fruit de la méditation : Bouddha

Prenons l’exemple de la pratique méditative en usage dans le Zen, héritage direct du plus célèbre des colibris de la paix, le Bouddha, avec pour guide Maître Kido Inoue. Pourquoi choisir ce maître en particulier ? Parce qu’on dit dans des cercles bouddhistes de Kyoto (“La ville qui sent le bouddhisme”, disait l’écrivain D.-T. Suzuki) que c’est l’un des derniers maîtres authentiques du Japon, ce qui signifie qu’il y en a beaucoup de faux, qui s’égarent eux-mêmes et égarent les autres, maintenant aussi en Occident. Prudence, donc ! Et puis aussi parce que le roshi (Vénérable Maître) Kido Inoue entretient passionnément un rêve : que cette méthode du Zen fasse un jour partie intégrante de la formation des éducateurs, pour qu’ils forment à leur tour les apprentis colibris.

Découvrez ce que voulait dire “méditer” pour le roi des colibris de la paix, il y a 2.600 ans, non seulement en zazen (assis) mais aussi en mouvement dans l’activité quotidienne. Un chercheur japonais, disciple de Kido Inoue, raconte ici son initiation au Zen, avec ses commentaires d’homme de science conscient lui aussi de la catastrophe annoncée. Il va faire la plus grande expérience de sa vie, celle-là même qui pourrait sauver l’humanité si beaucoup d’autres personnes la reproduisaient partout sur la planète. Par son témoignage, Atsunobu Tomomatsu – c’est son nom – voulait remettre à l’honneur cette méthode de méditation, grande pourvoyeuse de colibris de la paix au fil des siècles, en espérant que d’autres hommes soucieux d’inverser le cours des choses la pratiquent eux aussi.

Vous pouvez aussi lire le témoignage de votre serviteur à travers un roman autobiographique (voir dans la colonne latérale du site). Vous y découvrirez, pratiquée par un Occidental, la méthode concrète pour devenir un colibri de la paix. “Être zen” signifiera désormais pour vous “être absorbé dans tout ce que l’on fait”, et vous saurez que cet état constamment entretenu (c’est la pratique) peut faire de vous un être “éveillé”, autrement dit un bouddha. Ce qui veut dire la délivrance de la souffrance mentale, la paix intérieure définitive, le colibri de la paix parfait. Méditer comme le Bouddha pourrait ainsi mener les hommes à la paix et résoudre tous leurs problèmes “par l’éclaircissement de leur cœur profond qui fonctionne à l’infini”, comme dit Maître Kido Inoue. Cela ne vaut-il pas la peine d’essayer face à la catastrophe annoncée ? Assumer le rôle de colibri de la paix pour la survie de l’humanité, en méditant chacun pour tous.

Voici donc la pratique du zen en détail. Bonne lecture ! S.C.

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